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À la rencontre de Kevin Pittet

  • LC by TheraContinue
  • 13 janv.
  • 9 min de lecture

Café de la Poste, Carouge, un samedi de  décembre 2024, rencontre, pas tout à fait par hasard, avec Kevin Pittet, thérapeute complémentaire en kinésiologie à Genève.



Kevin Pittet
Kevin


Comment vous êtes-vous rencontrés, toi et la kinésiologie?


La route fut sinueuse et j’ai pris quelques chemins de traverse…


Dans mon entourage familial, personne ne connaissait réellement le monde de la thérapie complémentaire, je n’ai donc pas du tout baigné dans cet univers.


A l’époque du cycle, j’étais attiré par le monde des pierres précieuses et je m’étais dit que lapidaire pourrait être un job intéressant. Malheureusement, cela n’a pas été possible par manque de place d’apprentissage. Ma mère, un peu inquiète pour mon avenir, m’a poussé vers l’horlogerie, voie dans laquelle je me suis lancé sans conviction aucune…


Après mon apprentissage, j’ai trouvé un job, toujours dans l’horlogerie. Je n’étais pas particulièrement heureux, ce métier ne m’animait tout simplement pas. Moi qui aimais tellement les contacts humains, j’évoluais dans un environnement où chacun travaillait dans sa bulle, très concentré, un casque sur les oreilles, sans interaction sauf devant le distributeur d’eau…


Quand j’ai eu 27 ans, je me suis décidé à tout plaquer! J’ai jeté quelques affaires dans mon sac-à-dos et je suis parti plusieurs mois en Inde.


Quand je suis rentré en Suisse, je ne savais toujours pas quelle serait ma voie. En attendant de trouver, j’ai travaillé dans la restauration. C’était un job pénible, fatigant, mais qui m’a permis de recréer un lien à l’autre, à me réhabituer à communiquer, à être dans l’interaction.


Quand je n’étais pas en train de courir de table en table, je passais mon temps sur le site orientation.ch.


Je savais qu’il était temps de trouver un travail, une formation qui me fasse vibrer, qui me fasse dire « c’est ça que je veux faire »! J’ai ratissé très large, ouvert tous les champs des possibles et ai procédé par élimination. Sont restés les métiers en lien avec la relation à l’autre : la thérapie complémentaire, la médiation, l’éducation spécialisée… Et finalement, c’est la kinésiologie qui l’a emporté!


Je me suis plongé dans le sujet et à force de lectures et d’exploration, il est apparu comme une évidence que la kinésiologie était ma voie. J’en étais absolument convaincu et pourtant, je n’avais pas encore reçu de séance, à ce moment-là!


J’ai quand même contacté une kinésiologue et me suis engagé dans un suivi thérapeutique sur une dizaine de mois, avant de me lancer dans un cursus professionnel, à l’école Equilibre-Formation à Genève.


Pour la petite histoire, cette première thérapeute m’avait conseillé de choisir une autre voie, car d’après elle, la kinésiologie ne résonnait pas du tout avec qui j’étais… J’ai ainsi compris que les limites de la thérapie étaient en lien avec les limites du thérapeute en tant qu’être humain. C’était intéressant à observer et ça n’a pas du tout remis en question les réelles compétences de cette thérapeute. Mais c’est une compréhension des énergies sous-jacentes de la relation thérapeutique qui m’a beaucoup aidé dans mon travail par la suite.



Comment ton entourage a-t-il réagi quand tu as annoncé ton projet d’étudier la kinésiologie?


Mes parents ne m’ont ni soutenu, ni découragé. Ils ne savaient pas du tout ce qu’était la kinésiologie, mais ont compris que cela m’appartenait. J’ai beaucoup apprécié cette neutralité.


Mon père, alors que j’étais déjà au milieu de la deuxième année de formation, m’a un jour avoué : « Je suis très embêté quand on me demande ce que tu étudies, je ne sais pas trop quoi dire. Je suis allé lire des trucs sur internet et j’ai vu que c’était la science du mouvement alors je réponds ça. C’est juste? ». J’ai adoré ce moment et de pouvoir, enfin, lui expliquer en quoi consistait mon futur métier!



Ah ben justement : c’est quoi, en fait, la kinésiologie?


C’est une thérapie complémentaire qui permet d’aborder des difficultés rencontrées et de mettre en lumière, grâce au test musculaire, quels sont les stress qui peuvent empêcher le dépassement de ces difficultés.



Y a-t-il eu un moment particulièrement marquant, durant ta formation?


Il y en a deux. Impossible de choisir, ils sont tout aussi important l’un que l’autre :


Le premier moment marquant est arrivé à la fin du dernier cours de ma formation (j’ai étudié à l’école Equilibre-Formation, à Genève). Je m’en souviens comme si c’était hier : j’ai soudainement pris conscience de la chance que j’avais eu d’avoir vécu ces trois années en étant au bon endroit, avec les bonnes personnes, d’avoir fait de merveilleux apprentissages et en plus, d’avoir un métier. Je me suis rapproché de moi-même, de l’autre et cerise sur le gâteau, je pouvais en faire ma profession! Cette prise de conscience a été un vrai moment d’émotion mêlé à quelques larmes de gratitude…


Le deuxième moment est intervenu à une semaine de mon examen final. Je suivais un cours de deuxième niveau de maïeusthésie (communication thérapeutique) et je me suis pris une immense douche froide! Lors d’un exercice où je jouais le rôle du thérapeute, je me suis retrouvé bloqué. Je n’arrivais plus à avancer, j’étais face à un mur, sans solution. Pour la première fois, j’ai dû arrêter une séance car confronté à mes limites. Ça été un moment très douloureux à traverser, avec une grosse remise en question de mes compétences… A la fin de cette formation, l’enseignant a refait cette séance et est arrivé au même blocage que moi, à la même porte fermée. Sauf que lui a vu qu’à côté de la porte, il y avait une fenêtre ouverte et il a réussi à aller au bout de la séance.


J’ai compris qu’il ne s’agissait pas de prendre les portes fermées comme des échecs personnels mais de travailler et d’amasser de l’expérience pour être en mesure de reconnaître l’existence de fenêtres ouvertes.



Est-qu’une personne a eu une importance ou une influence particulière sur ton chemin de kinésiologue?


Michel SAEZ. Il y a eu plusieurs personnes qui ont eu une grande importance dans mon apprentissage, dont notamment Robin BROWN-FROSSARD, Patrizia POGGI, ma thérapeute, mais la personne la plus importante, c’est Michel, comme enseignant, thérapeute, être humain…



Est-ce ce qu’il y a un conseil que tu pourrais donner à quelqu’un qui a envie de se lancer dans des études de kinésiologie?



La kinésiologie est une méthode extrêmement particulière à étudier, dans le sens où elle est composée de plusieurs bases ou approches sur lesquelles on peut s’appuyer pour créer sa propre identité thérapeutique. Ces différents aspects sont évidemment tous abordés pendant la formation. Mon conseil est de plonger dans chacune de ses bases, de les apprendre et de les intégrer, qu’on aime l’approche en question ou pas. Chaque étudiant a plus ou moins d’affinités avec telle ou telle méthode mais qu’importe : faire l’effort de tout intégrer, de tout comprendre permet ensuite de faire le tri entre ce qui nous correspond plus ou moins, en toute connaissance de cause. Effleurer certaines approches qui nous parlent moins appauvrit l’identité thérapeutique qui devra être construite par la suite.


De ce que j’ai pu observer, dans des séances de mentorats ou alors en tant qu’enseignant (j’enseigne le brain gym et le test musculaire dans l’école où je me suis formé), c’est que beaucoup d’élèves veulent être kinésiologues le plus vite possible. C’est dommage, car l’intérêt de ces études, ce n’est pas l’arrivée, c’est le chemin, la quête. Il est évident que des exercices de certains cours sont laborieux et moins intéressants, mais comprendre la mécanique qui se trouve derrière, l’importance caché du geste, c’est ça qui va donner du sens et de la profondeur à nos séances. Pour gravir une montagne, plus on a de cordes à disposition et mieux on les connaît, plus on a de chance d’arriver là où la vue est la plus belle.



Comment s’est passée la transition études - installation en cabinet?


Tout a coulé de source. Cela n’a pas été toujours facile, j’ai eu mes moments de doute comme tout le monde, mais devenir thérapeute professionnel était tellement une évidence, pour moi, que tout s’est enchaîné naturellement - trouver un lieu, les premiers clients, l’organisation du quotidien… La peur a souvent été présente, mais elle ne m’a jamais paralysé, j’ai toujours pu avancer.


Depuis trois ans que tu es installé comme kinésiologue, est-ce tu as développé un style qui t’appartient?


Franchement, je pense que oui. « Mon style » a mis du temps à se développer et il en constante mutation. Actuellement, je vis un peu une période de remise en question, il y a des choses dans ma pratique qui ne me conviennent plus tout à fait, je sens qu’une évolution est nécessaire.


Clairement, c’est l’expérience qui permet l’adaptation d’une méthode à notre identité thérapeutique. Il est absolument indispensable de bien connaître les fondamentaux d’une méthode avant de se l’approprier.


Personnellement, je pense que si je peux de plus en plus faire confiance à mon intuition, que je peux me permettre d’incorporer cette dimension à mes séances, c’est parce que la base de mes connaissances est solide.


Ma posture, avec le temps, s’est également ajustée.  Elle me permet de tenir compte de mes intuitions sans que je perde ma neutralité, sans que j’influence l’autre.



Est-ce que la kinésiologie arrive encore à te surprendre?


Oui, bien-sûr, et ce qui est génial, c’est que ces instants un peu miraculeux arrivent toujours dans les moments de doute! Soudain, une cliente arrive à faire un lien avec quelque chose qui était ressorti lors du test musculaire d’une séance précédente ou je sens qu’un client vibre littéralement car il vient d’avoir une prise de conscience qui va fondamentalement changer son regard sur sa problématique… C’est grâce à ces instants que je dépasse les moments parfois compliqués de ma pratique, quand je me pose des questions sur la méthode, sur mes compétences…



Est-ce que tu as un rituel, avant d’accueillir ton premier client de la journée?


Oui, il est très simple : j’allume un petit bâton d’encens japonais au bois de santal. Ensuite, soit je prends 2-3 minutes pour me centrer en faisant une courte méditation ou alors je fais quelques exercices de Brain Gym. Entre deux clients, je me passe les mains sous l’eau froide, pour être prêt à entrer dans une nouvelle histoire.



Est-ce qu’il y a un moment que tu préfères, dans une séance?


C’est quand j’observe que la personne qui est au centre du processus thérapeutique arrive soudainement à faire un lien, à comprendre quelque chose, que ce soit une émotion, une partie de son histoire, une douleur. Tout à coup, quelque chose devient clair, se dénoue, une pièce du puzzle se met en place. Ce sont des moments forts, qui n’arrivent pas à chaque séance, mais qui marquent clairement un avant et un après, pour la personne.



Comment choisis-tu tes formations continues?


J’y vais au feeling, en sentant ce qui va me faire évoluer le plus, en tant que thérapeute mais également en tant que personne. La formation continue qui m’a le plus apporté, jusqu’à présent, c’est le cours de psycho-généalogie comportementale donné par Michel SAEZ. Je me réjouis déjà du niveau II qui sera donné en 2026!



A ton avis, comment va évoluer la thérapie complémentaire, en Suisse?


Je sais que pour beaucoup de thérapeutes complémentaires, l’arrivée du diplôme fédéral a été source d’angoisse. Personnellement, j’ai pris ça comme la chance d’avoir une réelle reconnaissance. Reconnaissance qui renforce la légitimité de ces approches complémentaires, qui pourraient sinon être controversées, que ce soit en regard du monde de la santé ou juste des personnes réfractaires. La thérapie complémentaire est aujourd’hui considérée comme une vraie profession et ce n’est pas terminé! Je pense que nous ne sommes qu’au début d’un vrai changement dans le regard que porte la société sur ce métier de thérapeute.



Le bien-être du thérapeute est primordial : comment prends-tu soin de toi?


Je reçois régulièrement des soins thérapeutiques. Les méthodes auxquelles je fais le plus souvent appel actuellement sont la réflexologie et le shiatsu. Cela me fait du bien et je trouve intéressant d’explorer d’autres approches. Passer par le corps est un moyen primordial pour me reconnecter à mon intuition. Une autre méthode que j’ai découverte en 2024 et j’aime beaucoup, c’est l’Ortho-Bionomy.



En tant que thérapeute, tu te vois offrir le super-pouvoir de ton choix. Quel est-il?


Etre dans l’amour, tout le temps. Etre capable de toujours être dans l’acceptation de l’autre, le prendre tel qu’il est, dans toute sa dimension et l’aimer assez pour lui laisser tout l’espace dont il a besoin, sans projection et en toute neutralité, tout en étant là pour l’accompagner sur son chemin.


L’amour, c’est ce qui nous lie à l’autre, tout simplement. D’être capable de ne jamais quitter cette posture, ce serait ça, mon super-pouvoir!



Est-ce qu’il y a quelque chose dont tu rêves, en lien avec ta pratique?


Trouver un endroit qui me corresponde. Aujourd’hui, je pratique à Carouge dans un cabinet partagé avec d’autres thérapeutes, avec lesquels je m’entends très bien, mais à terme, je rêve de trouver LE lieu.


Une autre chose dont je rêve, c’est d’enseigner. J’ai déjà commencé, à l’école Equilibre-Formation, en donnant des cours de Brain Gym et c’est vraiment une partie de ma vie professionnelle que j’ai très envie de développer. J’aime transmettre, partager.


Finalement, j’ai compris que j’avais besoin de développer une activité créative, en parallèle à mon activité de thérapeute. Pour mon équilibre intérieur, je sens que je vais avoir besoin de créer, de m’exprimer à travers un médium que je me réjouis de trouver. L’art comme évasion, comme retour à soi.



Si la kinésiologie était un animal, ce serait quoi pour toi?


Question difficile. Quelque chose de profond, de doux et de confrontant à la fois… Intuitivement, je dirais… Un cerf! Oui, c’est ça, la kinésiologie, c’est un cerf! J’en ai vu quelques-uns, lors de mes balades, et je trouve qu’il y a de la profondeur, chez cet animal, et de la noblesse.


                                      

Finalement, si tu pouvais tout recommencer à zéro (études, installation en cabinet…), est-ce qu’il y a quelque chose que tu ferais différemment?


Non. Je considère tous mes ratés, les moments où j’ai moins brillé et les difficultés rencontrées comme faisant partie intégrante de mon apprentissage, de mon chemin. Il n’y a rien à jeter!




Pour retrouver Kevin et plus d’infos : https://kevinpittet.ch/



La kinésiologie? C'est un cerf, pour Kevin
La kinésiologie vue par Kevin

1 Kommentar


evelyne
13. Jan.

Merci pour ce partage, j'adore l'image du cerf.

Bonne suite 🪷

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Narau Sàrl
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